samedi 4 janvier 2014

La voix de son maître


Nous avons reçu fin août un courrier émanant d’une personne très importante à nos yeux. L’auteur nous ayant dernièrement donné son accord pour utiliser cet extrait d’une correspondance privée à notre convenance, voici son avis sur nos trois premiers romans :


La présentation est bonne, avec des couvertures plutôt bien illustrées et donnant un ton à la collection. Petit bémol, deux de ces couvertures sont un peu sombres et risquent peut-être d’être confondues sur un présentoir.
Rien de particulier à dire sur les textes qui sont, à mon avis, un peu trop littéraires pour ne pas dire « Trop bien écrits »… Le Gore répond à la définition du roman populaire édictée par Michel Lebrun dans ses almanachs du crime : « Vite lu, vite écrit »…
Ces trois textes entrent à des degrés divers dans les catégories l’Homme contre la maladie (Pestilence), l’Homme contre l’invasion de bestioles maléfiques (Necroporno), et l’Homme contre lui-même, mais d’une manière plus rêvée que réelle (Bloodfist)…
Personnellement je définirais plutôt le Gore par « L’homme contre l’homme » d’un point de vue exclusivement physique et je serais plus direct en écriture. En effet je trouve que les scènes Gore de ces romans sont souvent écrites avec un recul qui apporte une certaine distanciation. Il en est de même pour les scènes à caractère sexuel qui devraient elles aussi être plus crues. Tour cela ramène à la première constatation « Trop bien écrit ! »

Pestilence : L’idée est originale sans l’être trop. Mais si on découvre peu à peu avec horreur les dégâts occasionnés par l’avancée de la maladie dans la communauté de St-Ragondard, laquelle succède au bûcher sur lequel ont péri les Juifs du coin, doit-on y voir une allusion à l’holocauste ? La description des effets pestilentiels fait parfois plutôt songer à la lèpre, mais on chemine avec le héros vers le dénouement. C’est bien construit et avoir parsemé le récit d’expressions moyenâgeuses (réelles ou inventées ?) donnent une résonnance particulière à cette ode au pus !
Bloodfist : Que dire ? Très difficile à juger car ce roman n’est pas un roman Gore ou alors peut-être un gore « métaphysique », premier du genre, presque une thérapie en forme de roman. La longue confession (inventée ou pas), ne laisse cependant pas indifférent. Parfois, certaines pages font penser à un Boris Vian adorateur de la boue…
Necroporno : Excellente idée que d’appuyer la progression dramatique sur les arrivées successives des insectes mangeurs de cadavres, fait que la police scientifique utilise pour dater le décès des victimes. Ici, les insectes deviennent vite le métronome d’une histoire qui se court un peu après. Mais encore une fois, trop de distance entre les descriptions et le lecteur.
Si je peux me permettre un conseil général : La prochaine fois « Lâchez-vous !!!! » Tout ça n’est qu’une impression toute personnelle qui ne vaut que parce qu’elle existe car je ne suis pas un critique professionnel et il m’est difficile de dire aussi frontalement ce que je pense des écrits de confrères. Mais vous l’avez voulu…


L’homme qui a écrit ces lignes étant abonné à vie à la collection TRASH, il a lu depuis lors l’intégralité de notre deuxième vague de novembre. Et a eu la gentillesse de nous transmettre son opinion au sujet des romans 4, 5 et 6. La voici :


Je voulais parler des nouveaux "Trash", mais je me remets difficilement de la décharge de plombs (certainement du 12) que cet enfoiré de Zaroff m'a envoyée dans la jambe à la page 106 du "Night Stalker"… Merci pour le Mentor incontesté, mais tu pourras lui dire qu'il devient dès à présent une cible ! Il est certain que ce roman est un vrai Gore qui aurait eu sa place dans la défunte collection.
 Le "Silence rouge" est issu de la (aussi) défunte collection "Angoisses" dirigée par Juliette Raabe, donc très porté vers le fantastique. Mon alter ego Mazarin y a sévi une fois dans le numéro 5 avec le titre " Le baigneur "… Pas gore mais pire !
 L'Emoragie flirte aussi avec le fantastique mais pourquoi pas, celui-ci apporte au lecteur autre chose et lui demande certainement plus d'imagination que le Gore… Dans le fond, ça équilibre la collection parce que seulement du Gore ne marcherait pas aujourd'hui. Mais je vous fais confiance.

Amicalement
Nécrorian

2 commentaires:

  1. Quel homme ce Nécrorian ! Je m'excuse encore pour lui avoir bousillé la jambe dans Night Stalker. Il veut de la morphine ?

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    1. Je crois qu'il est à peu près remis maintenant.
      Mais sa vengeance sera terrible.

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