jeudi 19 septembre 2013

Quatre, cinq, six, cueillir des cerises…

Bon. Maintenant qu’on vous a révélé nos prochains titres, et qu’on vous a transmis, en guise d’apéritif, quelques extraits choisis et les jolies taglines qui vont bien, il est grand temps de vous en dire un peu plus sur les trois mécréants qui vont avoir l’incommensurable privilège de rejoindre le prestigieux catalogue TRASH. J’imagine que vous devez vous dire des trucs du genre « oh, ça ne va pas être évident de succéder au sémillant boute-en-train Robert Darvel, à sa grotesque éminence Degüellus, et à l’aberrant hybride Schweinhund ». Et vous avez raison. Enfin, dans l’absolu. Parce que Brice Tarvel, Brain.Salad et Zaroff, nullement intimidés, assument leurs actes et s’apprêtent à plaider coupable.

Il est vrai que ce diable de Brice Tarvel n’en est pas à son coup d’essai. L’homme, écrivain populaire par définition et par goût, a déjà enchanté les amateurs de Fantastique horrifique à maintes reprises. Son très glauque et judicieusement intitulé Dépression, paru à l’origine au Fleuve Noir, dans la collection Anticipation, a été réédité il y a deux ans chez Lokomodo. Le même éditeur a depuis lors proposé son malsain Le bal des iguanes, un Thriller épouvantable et glaçant. Enfin, nos amis de Rivière Blanche ont dernièrement remis au goût du jour le délicieux La chair sous les ongles, qui fut jadis le 117ème et avant-dernier opus de la mythique collection GORE, non sans l’agrémenter d’une solide sélection de nouvelles fantastiques. Sans compter que Brice s’occupe en ce moment d’un nouveau roman, dont le titre seul suffit à mettre l’eau à la bouche : Charogne tango… Tout ceci pour vous dire que nous mesurons pleinement notre chance d’accueillir un auteur de ce calibre, en offrant une seconde vie, vingt ans après sa parution dans la collection Angoisses, à l’assourdissant Silence rouge.

Plus connu - pour l’instant - dans les milieux du jeu de rôles et de l’illustration, le polyvalent Brain.Salad donne l’impression de réussir tout ce qu’il touche. Pour un peu, c’en serait presque agaçant. Jugez plutôt : Elfirie, Lab 01, Brain soda, Humanydyne, Kuro, Warsaw, Sable rouge, Luchadores, La brigade chimérique, Z-corps… Sur presque tous ces jeux, l’animal a été à la fois auteur ET illustrateur ! Et sa première nouvelle « officielle », signée Willy Favre dans l’anthologie Dimension Super-Héros, chez Rivière Blanche, a été unanimement saluée comme une des meilleures du recueil… Alors vous imaginez un peu notre réaction quand ce pétulant jeune homme nous a proposé un roman où il y aurait de la magie déviante, des monstres dégueulasses, du Gore généreux et décomplexé, le tout sur fond de musique industrielle ! Ah, j’allais oublier : on a été tellement contents de son boulot sur Necroporno que nous lui avons commandé deux couvertures supplémentaires pour cette nouvelle vague. Alors que notre toute gracieuse Vitta réalisera celle de son roman, Willy s’occupera des illustrations de Silence rouge et de Night stalker. Agaçant, je vous disais…

Le cas de Zaroff est différent. A notre connaissance, lui ne dessine pas. Mais il écrit. Beaucoup et très bien. Tel un frénétique, le loustic a tapissé les couloirs de l’excellent forum L’Ecritoire des Ombres, qu’il administre en compagnie de son ami Henri « Paladin » Bé, lui-même nouvelliste de talent, de dizaines de textes oscillant entre le Polar hardboiled, l’Epouvante et le Gore pur. Un certain nombre de ces récits a été publié en numérique, dont le remarquable Le cimetière des oubliés, l’angoissant Kainsmal, et l’épatant recueil de nouvelles Zomb’s short (dont nous avons déjà parlé), signé Guy Kermen. Sous ce même pseudonyme, Zaroff a aussi livré deux textes dans la prestigieuse anthologie Ténèbres, cuvée 2013. Féru de littérature populaire, dévoreur de livres, chroniqueur incisif et grand amateur de la collection GORE, il est passé avec Night stalker au format long avec une aisance déconcertante. Comme si son style à la fois brutal et fluide n’attendait que cette occasion pour donner sa pleine mesure. Le tout dans le cadre d’un roman sec comme un coup de trique, qui devrait ravir les amateurs de Nécrorian…

Voilà, vous savez tout, ou presque. Comme vous pourrez le déduire de ces quelques lignes, vous aurez droit avec cette deuxième vague à trois romans aussi dissemblables que les trois premiers. C’est parfaitement volontaire, parce que ce serait quand même un comble, pour une collection comme la nôtre, de ne pas être capable de proposer du sang neuf… Bon, j’avoue, ces trois romans ont quand même, outre le label TRASH, un autre point commun : ils sont remarquablement bien écrits. Et si vous ne me croyez pas, vous n’aurez qu’à les acheter début novembre. Non mais.

1 commentaire:

  1. Ce n'est plus un éloge me concernant, mais une allégorie au Génie ! Diantre que je suis fier et heureux de lire un tel hommage. Merci à vous les gars.

    RépondreSupprimer