mercredi 20 mars 2013

Dead bones


Voici les avis concassés de deux lecteurs qui n’ont rien de bêta. Enjoy.

C’est très impressionnant. Et je comprends à présent toute la difficulté de donner corps à un personnage aussi riche, de donner une idée du malaise qui étreint ce narrateur. On est vraiment dans un roman poisseux et oppressant, obligés que nous sommes de suivre les sombres pensées - pourtant captivantes mais répugnantes - de cet étrange asocial. Ambiance à la Maniac, plongée dans la psyché, dans l'abîme, dont on ne revient pas indemne. Je crois que c'est plus que du gore, là, c'est une odyssée bien plus poignante, et franchement ça va vraiment plus haut, plus loin. Et tant mieux, parce que c'est ce type d'ouvrage qui va tirer la collection vers le haut et lui donner ses lettres de noblesse (si, si, j'assume) parce que là, c'est pas du Z, c'est pas de la provoc, cela semble être les prémices d'un réel roman noir et rouge bien trippant.

Les chapitres se suivent, très courts mais très denses. Le style que tu utilises, brillamment maîtrisé, est très riche. C'est presque parfois de la poésie ou des paroles de chanson qu'on a l'impression de lire. Alors forcément, c'est à la fois immersif, ça parle aux émotions mais aussi à celui qui aime prendre son temps à lire, relire, analyser. Je me suis surpris à déguster le texte sans chercher à savoir absolument ce qui se passe, en lisant rapidement. Les chapitres courts sont indispensables car ils permettent la respiration et de garder des scènes ciselées, efficaces, qui ne se perdent pas en route. Car les cheminements sont tortueux. Et il règne une ambiance mortifère et poisseuse. Un truc tarabiscoté dans la tête d'un tueur dans laquelle on a à la fois envie de prolonger son séjour, par un attrait morbide et aussi envie de se barrer et d'ouvrir la fenêtre pour respirer un peu d'air frais.

En voilà des scènes pleines de saine camaraderie. Ils savaient s'amuser dans les caves glauques des années 80 !! C'est nerveux et douloureux à la lecture, je crois que là tu fais mouche. Et mention spéciale aux dialogues, qui sonnent vraiment réalistes. C'est très "sec". Dans l'action comme dans la narration. Sec, froid et sans pitié. La scène du chien dans le parc est glaçante. L'après crime de la nana dans l'appart est bien trashos aussi. Bref, je pense qu'il y a là une volonté d'égarer, de noyer, de rendre la perception des choses confuses et c'est tant mieux, car justement, c'est en se perdant et en abandonnant ses repères qu'on rentre vraiment dans le bouquin. Et je crois là qu'on va tenir un moment notre sommet de trash psychologique «  dans la tête d'un tueur ».

Je viens de le terminer ce matin et j'aime beaucoup la scène finale et le double épilogue. Globalement le rythme ne faiblit pas, les visions hallucinées sont toujours renouvelées, on ne s'ennuie jamais et il est amusant de tenter de discerner la réalité à travers les sombres fantasmes du protagoniste principal. Quant au devenir du héros, il ouvre la porte à une (très attendue, pour ma part) séquelle, dans tous les sens du terme. Bref, beaucoup aimé, vraiment.


Bon. J'ai relu et terminé Bloodfist.
Déjà, j'y ai trouvé les éléments qui permettent sans ambiguïté de le placer dans la famille TRASH. Certaine ponction d'estomac par le plus court chemin, ce genre de pratique qu'on trouverait déplacée chez je-ne-sais-quelle-germanopratine-ménopausée-du-sentiment-humain-et-donc-qui-croit-faire-illusion-en-écrivant-avec-sa-vulve-rancie-par-les-pénétrations-stériles-de-son-éditeur (merci de m'avoir fourni l'occasion de la placer, celle-là). Là, c'est introduit avec un naturel confondant, par l'onctueuse vaseline de l'écriture. Une fois passé le pont formé par les chapitres 4-5-6, sorte de leçon de vaginisme à l'usage des lecteurs impatients de fouailler l'affaire, on nage dans le bonheur, on ralentit même la lecture afin de savourer le va-et-vient de l’œil sur la page, l'injonction étonnamment réussie à se délecter d'une pénétration contradictoire : plus ce sera lent, plus ce sera sauvage.

J’aime vraiment ton texte.  On ne sait pas vers quoi on se dirige -on le sup-ppp-pp-pute. On pressent le pigeon-farci. La lecture rend un peu tendu, on se dit : c'est à deux doigts de péter grave n'importe quand sans prévenir. Le contenu de la tête du narrateur est un rendu-puzzle très réussi. Et il y a une fillette et son chien !... Et des banquiers dans les enfants !... Comme tout cela est amusant !... :-) :-) :-) Bref, c'est fragmenté, étrange, cela génère une appréhension, à savoir : cela sera-t-il maitrisé ? Perds-je mon temps à me laisser embrouiller ? Bref : sera-ce de la couille ? Ah ! Non. Ce n'est pas de la couille. C'est juste de l'hypnose. (Attention, n'imaginez pas un hypnotiseur tenant une couille entre le pouce et l'index, lui impulsant un mouvement pendulaire et murmurant au lecteur : lisez, je le veux, achetez, lisez et appréciez, comme sait le pratiquer le critique littéraire moyen.)

De la belle et bonne hypnose. Un récit qui fait peur et qui se tient. D'où, pour ma part - mais je suis d'un naturel plutôt contemplatif et les images en suspension m'attirent, celles qui n'ont pas de conclusion immédiate - reste gravée sur ma rétine de simple lecteur, l'image d'un homme-seringue (et même d'un Bastet-seringue, pour peu que je cède à l'injonction du texte, qui veut me perdre) ; et, surtout, la scène du jardin public, avec la petite fille, à ce point du récit, on craint de s'être fait happer par l'esprit d'un immonde - mais on ne l'a pas encore véritablement croisé -  la scène génère un visuel surréaliste, les vieux qui désertent, le chien, la boue, le regard de la gamine - qu'on laisse cruellement vivre - l'âme du récit est là pour moi, qui se dévoile.

Ici, précisément, la palette TRASH s'enrichit d'une couleur propre. Je pourrais dire que TRASH va bien plus loin que GORE car les trois textes explorent la matière écrite, ce n'est pas seulement de l'éventration, il y a, hasard sans concertation, quelque chose d'une exigence brute à jouer avec le récit. Mais je ne le dis pas, car je n'ai pas encore terminé PESTILENCE.
Que je vais retrouver, après avoir écrit : bravo Schweinhund.
Vraiment.

Julien H. et Robert D. semblent avoir goûté Bloodfist. Et vous, ça vous met en appétit ?

3 commentaires:

  1. Bonjour. Certains membres de mon forum pourraient être intéressés pour participer à votre aventure. Acceptez-vous des tapuscrits ? Quelles sont les modalités (nombre de signes...) ?
    Merci à vous et bonne chance dans votre entreprise. Vive le gore.

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  2. Salut Zaroff. Merci pour ton passage par ici et pour ton intérêt à notre égard. Es-tu le Zaroff de "L'écritoire des ombres" ? Si oui, sache que deux membres de ton beau forum participent déjà à l'aventure Trash. D'autres pourraient suivre en effet, mais ce n'est pas d'actualité, car notre planning est complet pour un bon moment. Un communiqué détaillant notre position à l'égard des soumissions (j'adore écrire cette phrase;)) sera d'ailleurs posté prochainement. Au plaisir de te recroiser en ces lieux mal famés.

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  3. Je suis bien l'administrateur de ce forum. Je vais surveiller votre actu et en faire la promo si soumissions prévues. Merci et que le succès soit au rendez-vous.

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