lundi 16 décembre 2013

Un samedi à Sèvres


Photo: Corvis (Thanx amigo)
Samedi, TRASH a passé la journée à Sèvres, à l’occasion des dixièmes rencontres de l’imaginaire. Et comme les festivals ne sont rien sans les personnes qui les fréquentent et les font vivre, je vais profiter de ce petit compte-rendu pour insister sur le mot « rencontres », car celles-ci n’ont justement rien eu d’ « imaginaire ». C’est parti pour le « name-dropping » :
Jean-Luc Rivera : à tout seigneur tout honneur, impossible de commencer sans mentionner et remercier le grand organisateur, sans lequel rien de tout cela ne serait possible, et qui s’est vu décerner la médaille de la ville. Une belle surprise pour lui, mais de l’avis général, une distinction amplement méritée.
Philippe Ward : autre récompensé du jour, le grand, au propre comme au figuré, directeur de collection de Rivière Blanche a obtenu le prix ActuSF de l’uchronie pour sa série Lasser, détective des dieux, coécrite avec Sylvie Miller, ce qui a déclenché un tonnerre d’applaudissements auquel un certain Julien H. et moi-même avons pris, vous vous en douterez, une part active. Philippe a été très sollicité tout au long de la journée, néanmoins nous avons quand même pris le temps d’échanger de petits cadeaux. C’est ainsi qu’il m’a remis mon exemplaire de la massive anthologie L’ombre de Judex, gagné récemment lors d’un concours sur son blog, et qu’il a naturellement récupéré les trois derniers TRASH au passage. Et nous avons aussi évoqué certains projets communs, dont je ne manquerai pas de vous reparler l’année prochaine…

Dominique Rocher : la grande dame de la collection Angoisse était également présente, accompagnée de son très sympathique petit-fils. J’ai eu l’immense plaisir de discuter avec elle de l’âge d’or du Fleuve Noir, et elle m’a dédicacé ses deux omnibus parus chez Rivière Blanche, non sans m’avoir dit des choses très touchantes au sujet de la préface que j’ai eu l’honneur de rédiger pour le deuxième en date. Un moment vraiment rare, et très émouvant.
Justine Niogret : il me tardait de faire la connaissance de l’extraordinaire auteur des romans Chien du heaume, Mordre le bouclier, Gueule de truie, Mordred, et Cœur de rouille. Je ne connaissais cette jeune femme que virtuellement, car j’effectue depuis quelques mois de menus travaux pour elle. Le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas été déçu. Pas totalement impossible que je sois tombé amoureux d’elle, mais surtout ne lui répétez pas.
Christian Vilà : un vrai plaisir de retrouver Christian, qui venait pour signer l’anthologie officielle du festival, à laquelle il a contribué par une nouvelle dont le titre seul fait saliver : Les ravageurs. Et Christian nous a annoncé, en compagnie de son futur éditeur, le très sympathique Jérôme Vincent, que j’ai été ravi de revoir, après l’avoir rencontré au dernier Bloody Weekend, que ses trois Gore devraient ressortir en début d’année en numérique chez ActuSF !
Richard D. Nolane : auteur, entre beaucoup d’autres choses, du 118ème et dernier Gore, Les démons d’Abidjan, qu’il m’a très gentiment dédicacé, l’homme est, à l’instar de Thomas Bauduret, un « jeune vétéran » du roman populaire français. A ce titre, il connaît beaucoup, beaucoup de choses. Et il partage. En un mot : passionnant.
Thomas Bauduret, justement : toujours très classe, toujours débordant d’envies et de rêves qu’il travaille à transformer en réalités. Et toujours très intéressé par TRASH, ce qui ne gâche rien. Nous avons bien sûr évoqué nos activités actuelles respectives, mais aussi divers projets d’avenir… Cet homme est d’un enthousiasme dangereux. Car contagieux.

Thomas Geha : depuis plus de trois ans que je connais Thomas, je ne lui avais jamais connu une aussi folle actualité. Son dernier roman, Sous l’ombre des étoiles, vient de sortir chez Rivière Blanche. Son diptyque de Fantasy Le Sabre de sang paraîtra le 14 février prochain chez Folio, suivi une semaine plus tard de l’intégrale de son cycle Post-Apo des Alone chez Critic dans la collection Les trésors de la Rivière Blanche. Suite à quoi il y aura encore un Thriller jeunesse chez Rageot début avril ! Ah, j’oubliais : Thomas avait aussi une nouvelle dans l’anthologie du festival. Et avec tout ça il a quand même pris le temps de nous payer une bière. Parce que l’homme garde quand même le sens des priorités. Qu’on se le dise.
Brice Tarvel et Madame : le premier a terminé le premier jet de son futur roman TRASH Charogne tango, et la seconde m’a dit tout le bien qu’elle en pensait. En attendant, je dois avouer que ça fait un drôle d’effet de voir un auteur de la dimension de Brice Tarvel s’installer à sa table de dédicaces et d’aller lui remettre un stock de Silence rouge en pensant « je suis l’éditeur de cet homme-là ». Séquence émotion, là encore.
Jean-Luc Boutel et son épouse : je n’ai pu hélas passer autant de temps en leur compagnie que j’aurais voulu. Il faut dire que madame n’est arrivée que l’après-midi, et que monsieur, auteur du fascicule Sérénade sélénite, président du Club des Savanturiers (confrérie réunissant des passionnés de littérature populaire ancienne), chroniqueur émérite et conférencier, a passé la journée à courir partout. Partie remise, sans aucun doute.

Nelly Chadour et Marija Nielsen : respectivement auteurs des fascicules Les aventures de Diane d’Aventin et L’ile aux chimpanzés, elles sont venues toutes les deux parées de leur charmant sourire, de leur humour dévastateur et de leurs beaux tatouages. Les filles, ça a été un immense plaisir de vous rencontrer. Notre présence commune derrière le stand du Carnoplaste se justifiera bientôt encore davantage. J’ai déjà hâte de pouvoir reparler de vous plus longuement. A très bientôt pour la suite…
Romain d’Huissier : auteur d’une bonne dizaine de nouvelles, des deux fascicules Les chroniques du jiang hu au Carnoplaste et des deux romans Hexagon : Matière noire et La guerre des immortels chez Rivière Blanche. Un CV massif, qui s’étoffera prochainement, parce que le gaillard en a encore sous le pied. Un auteur de plus à suivre de très près.
Les Artistes Fous Associés : en pleine préparation de leur troisième recueil de nouvelles, ils étaient représentés hier par l’infatigable et passionné Corvis, leur éminent secrétaire Vinze et un étrange et volubile individu triplement masqué. L’indépendance en action, beaucoup de cœur et de l’énergie à revendre : comment ne pas souscrire – et soutenir ?
Le club des Savanturiers : (dont j’ai désormais l’honneur de faire partie : ma carte de membre officiel le prouve) une bonne trentaine de ses membres ont pu trinquer ensemble grâce à la générosité de l’un d’entre eux, qui s’était muni d’une belle bouteille de liqueur sud-américaine ambrée pour la circonstance. La classe.
Phil le Poulpe : inconditionnel soutien du Carno, membre émérite du Club des Savanturiers, collectionneur gourmand et gourmet à la fois. Sa gentillesse et sa disponibilité ont une nouvelle fois fait merveille.
Enfin, croisés furtivement, par le biais d’un petit regard complice, d’un bonjour amical ou d’un bref échange : le grand Philippe Caza, que je n’avais pas vu depuis trois ans, le très élégant Christophe Thill de Malpertuis, et le corsaire Laurent Whale, désormais barbu mais toujours aussi fringant.

Et bien entendu, parce qu’il convient de garder le meilleur pour la fin,  le bloc « CarnoTrash » constitué de l’éminent Robert Darvel et du polymasqué Julien H. Bon, je ne vais pas m’étendre sur leur cas. D’une part, ce serait sale. De deux, si vous êtes là à lire ce compte-rendu, vous savez déjà de quoi il retourne en ce qui concerne ces deux individus. Ils sont irrécupérables, et c’est bien pour ça qu’on les aime.
Un petit mot encore afin de mentionner tous ceux qui nous ont fait la gentillesse de s’arrêter à notre stand pour discuter avec nous et/ou acheter nos bouquins. Parce que bien sûr, TRASH n’était pas venu à Sèvres seulement pour revoir les copains ou s’en faire de nouveaux. On avait des bouquins à vendre. Et nous sommes venus, nous avons vu, et nous avons vendu. Quant à savoir si les lecteurs seront vaincus, ce n’est plus de notre ressort. Grand merci pour votre soutien en tout cas.
En résumé, les rencontres de l’imaginaire de Sèvres n’ont qu’un seul défaut : celui de ne durer qu’une journée. Mais en l’état, il s’agit d’une manifestation d’une densité à nulle autre pareille. Vous qui n’êtes pas venu, pleurez, maintenant. Et bloquez dès à présent cette date pour l’année prochaine.

jeudi 5 décembre 2013

Vous en voulez enGORE ?

En attendant que nos lecteurs bien-aimés viennent donner leur ressenti à propos de notre deuxième vague, on a eu envie de vous parler d’un auteur qu’on aime beaucoup. Voici donc une fiche pratique rédigée par un certain Robert D. pour le collectif TRASH. Elle puise ses sources dans l’un des trois romans écrits par Christian Vilà pour la collection GORE.

À quoi reconnaît-on un roman Gore ? Déjà au fait que l’on y parle de « trilocouilles » et non de « trilobites ». Qu’un plongeur y meurt « ignoblement » car « ses chairs » sont « brûlées vives avant que sa combinaison de caoutchouc éclate comme un fruit trop mûr ». Qu’en 1986, on y cite déjà « Chavez », « métis de Latino et d’Indien », dont les « ancêtres rouges avaient chassé la baleine à l’aide de harpons de pierre ». Qu’une « aube » y est toujours « de sang » et « macule l’Orient ». Qu’on y voit « trois hommes poursuivre une adolescente » et « la violer à plusieurs reprises » avant que la pauvre soit « précipitée hurlante dans le cratère ».
Que le pont-promenade du bateau est salopé d’un « mélange de vomi, de sang et d’excréments ». Au fait que le steward s’efforce « de retenir ses intestins qui saillent entre les lèvres de la plaie ». Qu’une « souffrance indicible » déforme la face de la « femme nue » dont les « seins et le ventre avaient été dépecés ». Que la cruelle Gladys (aux griffes d’acier) « enfonce vicieusement ses doigts entre les cuisses de la gamine ». Qu’un « genou » écrase « les parties génitales de son adversaire ». Que les « intestins » jaillissent « en longs rubans agités de spasmes ». Et que « quelque chose de dur » s’insère « entre ses fesses » et pénètre « brutalement en elle ».

Voilà. Ami lecteur, si tu as l’habitude de feuilleter un livre avant de l’acheter, ces quelques repères t’aideront. S’il n’y a rien d’équivalent à tout cela dans celui que tu auras en mains, repose-le : ce n’est donc que du bas-morceau, du dispensable – de la littérature. Et si à ta demande le libraire ne sait donner de réponse avisée, plonge tes ongles dans ses tripes : il y a des chances qu’il te satisfasse la prochaine fois. Avec du TRASH dans ses rayons.

Notre exemple abondamment cité : Christian Vilà - L’océan cannibale - Gore No 32 (novembre 1986). Dans lequel vous trouverez un simple tumulus sous-marin devenir mamelon vorace puis volcan hyper magnétique gonflé comme un soleil de mort, hommes et femmes esclaves d’une abomination et enfin apocalypse – tout autant qu’électroencéphalogramme subitement plat.


Tapotons les vitres des jauges, voulez-vous ?

GORE : 8/10. Intestins déroulés au rendez-vous.
VIOLENCE : 8/10. Jolie valse entre les tortionnaires et leurs victimes.
SEXE : 8/10. Les sexes féminins ont un goût poivré.



jeudi 7 novembre 2013

À Gore et à cris : Uncut Movies.


              Ainsi que n’auront pas manqué de le remarquer nos acheteurs, nous avons choisi d’accorder à  diverses structures amies un bandeau publicitaire sur les quatrièmes de couverture de nos romans. Or quand il s’est agi d’établir une short list comprenant les acteurs dont nous souhaitions valoriser le travail, le nom d’Uncut Movies s’est imposé comme une évidence. Et comme TRASH est transparent avec son lectorat, on va vous expliquer pourquoi.



Uncut Movies, société d’édition de DVD, a été fondé en 1999 par deux passionnés de cinéma Gore. Reprenant le flambeau des mythiques Häxan Films, les Orléanais vont rapidement s’imposer comme une structure de référence en répandant sur le marché français certains des films les plus cinglés de la planète. En toute indépendance, Uncut va développer durant cinq ans une collection de VHS où se côtoieront harmonieusement du Hardgore teuton (Andreas Schnaas, Olaf Ittenbach), du Troma (Decampitated, Redneck zombie, Parts of the family), du bis rital lovecraftien (The darkness beyond), du neo-Giallo vicieux (les deux premiers Fantom kiler) et autres Slashers tarés ultra-sanglants (Psycho sisters, Psychos in love). 23 films en tout, témoignant d’une saine diversité, et d’une rigoureuse intransigeance.

Des choix radicaux et courageux, qui se poursuivront avec une irréprochable intégrité lors du passage au DVD fin 2003. Nouveau support, mais exigence éditoriale identique : comme lors de l’époque VHS, tous les films proposés sont inédits en France, présentent une version originale sous-titrée et des bonus conséquents. Un vrai bonheur pour les amateurs de bidoche sur pellicule, d’autant qu’Uncut réussit à maintenir une cohérence en convoquant les « anciens » (Schnaas, Nowicki, Zuccon), tout en introduisant des petits nouveaux comme Andreas Bethmann. Sans aucunement se reposer sur leurs acquis, les deux Orléanais s’impliquent en outre dans la production de Necro files 2, suite d’un de leurs plus gros succès en VHS, avant de le sortir en DVD. Sont ensuite intégrés au catalogue plusieurs films issus des glorieuses années 80 (Unhinged, Slime city, Scalps) en parallèle à de nouveaux Troma (Girls school screamers, Luther the geek).

Le rythme de parution est régulier, voire soutenu, et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Uncut Movies continue jusqu’en 2009 à mener sa barque contre vents et marées, occupant une place unique en France. La sortie de Pieces, aka Le sadique à la tronçonneuse, du regretté Juan Piquer Simon, marque ainsi de belle manière le dixième anniversaire de l’éditeur. Hélas… Le marché du DVD commence à décliner, et si les majors disposent de moyens colossaux pour y faire face, ce n’est pas le cas des indépendants. En 2010 disparaîtra par exemple Neo Publishing, dont la ligne éditoriale complétait idéalement celle de nos vaillants Orléanais. Mais ces derniers, plutôt que de renoncer, vont préférer freiner leur rythme de parution pour mieux surgir de temps en temps tels des diables hors de leur boîte.

Huit nouveaux titres estampillés Uncut verront ainsi le jour de 2009 à 2013, et non des moindres. Deux films de Timo Rose, jeune réalisateur allemand plein d’allant (dont l’un, Fearmakers, a été couplé à I piss on your grave, jadis édité en VHS), un nouveau Ivan Zuccon (Colour from the dark), un Giallo/Slasher très gore de Jess Franco (Bloody Moon), qu’on se le dise, Uncut Movies plie mais ne rompt pas ! Aujourd’hui le catalogue comporte 62 films. Les VHS sont épuisées, trois DVD le sont aussi (Fantom kiler 3, Rossa venezia et Slaughter disc), et certains autres ne devraient pas tarder à l’être… Mais de nouveaux films ont été annoncés début septembre par l’éditeur ! Le premier d’entre eux étant prévu ce mois-ci, il nous semblait essentiel de ponctuer par ces quelques lignes le parcours exemplaire d’un duo de passionnés qui a su s’inscrire dans la durée en restant toujours fidèle à ses choix sans concession. Un véritable modèle, à tous points de vue, pour TRASH.

Nous sommes donc très heureux de faire coïncider cet article avec la sortie de The urge to kill, auquel nous souhaitons tout le succès qu’il mérite. Et nous tenons à saluer une fois de plus l’enthousiasme avec lequel l’équipe d’Uncut Movies nous a immédiatement accordé sa confiance. Car non seulement ils ont accepté dans l’heure notre proposition de partenariat, mais ils ont aussi été nos tout premiers clients ! Et ça, dans un parcours d’éditeur, ce sont des choses qui ne s’oublient pas. Nous soupçonnons même le Schweinhund d’être capable d’écrire un autre roman rien que pour bénéficier d’un beau quatrième de couverture estampillé Uncut…

En conclusion, Romuald et Patrice, merci pour tout et merci pour nous.

Et longue vie à Uncut Movies !



UNCUT MOVIES - HOMEPAGE




lundi 21 octobre 2013

Une petite image...

... parce que ça vaut toujours mieux qu'un long discours !




Voulant venger sa sœur massacrée, Francine fait la découverte des Zélateurs du Silence, une terrifiante secte de vieux barjos atteints d’hyperacousie. Bientôt la situation la dépasse... Et il y a cette odeur nauséabonde planant sur la ville...


Lorsque la nuit tombe sur Londres, les monstres sortent… Car, de nos jours, la magie existe. Ni balai volant ni baguette magique : les sorciers dégénérés sont les mutants de l'underground. Face à eux, ceux qui les nettoient car personne ne doit le savoir…


Californie, été 1984. Une série de crimes démoniaques. Un shérif désabusé, un adjoint adepte de la branlette salée, un irlandais à la gâchette facile et un profiler ultra-brite. Le tout pendant que la pornstar Ginger Lynn s’adonne à des actes que la morale réprouve sur fond d’ACDC. Hey, Satan, j’ai payé ce que je dois…


jeudi 19 septembre 2013

Quatre, cinq, six, cueillir des cerises…

Bon. Maintenant qu’on vous a révélé nos prochains titres, et qu’on vous a transmis, en guise d’apéritif, quelques extraits choisis et les jolies taglines qui vont bien, il est grand temps de vous en dire un peu plus sur les trois mécréants qui vont avoir l’incommensurable privilège de rejoindre le prestigieux catalogue TRASH. J’imagine que vous devez vous dire des trucs du genre « oh, ça ne va pas être évident de succéder au sémillant boute-en-train Robert Darvel, à sa grotesque éminence Degüellus, et à l’aberrant hybride Schweinhund ». Et vous avez raison. Enfin, dans l’absolu. Parce que Brice Tarvel, Brain.Salad et Zaroff, nullement intimidés, assument leurs actes et s’apprêtent à plaider coupable.

Il est vrai que ce diable de Brice Tarvel n’en est pas à son coup d’essai. L’homme, écrivain populaire par définition et par goût, a déjà enchanté les amateurs de Fantastique horrifique à maintes reprises. Son très glauque et judicieusement intitulé Dépression, paru à l’origine au Fleuve Noir, dans la collection Anticipation, a été réédité il y a deux ans chez Lokomodo. Le même éditeur a depuis lors proposé son malsain Le bal des iguanes, un Thriller épouvantable et glaçant. Enfin, nos amis de Rivière Blanche ont dernièrement remis au goût du jour le délicieux La chair sous les ongles, qui fut jadis le 117ème et avant-dernier opus de la mythique collection GORE, non sans l’agrémenter d’une solide sélection de nouvelles fantastiques. Sans compter que Brice s’occupe en ce moment d’un nouveau roman, dont le titre seul suffit à mettre l’eau à la bouche : Charogne tango… Tout ceci pour vous dire que nous mesurons pleinement notre chance d’accueillir un auteur de ce calibre, en offrant une seconde vie, vingt ans après sa parution dans la collection Angoisses, à l’assourdissant Silence rouge.

Plus connu - pour l’instant - dans les milieux du jeu de rôles et de l’illustration, le polyvalent Brain.Salad donne l’impression de réussir tout ce qu’il touche. Pour un peu, c’en serait presque agaçant. Jugez plutôt : Elfirie, Lab 01, Brain soda, Humanydyne, Kuro, Warsaw, Sable rouge, Luchadores, La brigade chimérique, Z-corps… Sur presque tous ces jeux, l’animal a été à la fois auteur ET illustrateur ! Et sa première nouvelle « officielle », signée Willy Favre dans l’anthologie Dimension Super-Héros, chez Rivière Blanche, a été unanimement saluée comme une des meilleures du recueil… Alors vous imaginez un peu notre réaction quand ce pétulant jeune homme nous a proposé un roman où il y aurait de la magie déviante, des monstres dégueulasses, du Gore généreux et décomplexé, le tout sur fond de musique industrielle ! Ah, j’allais oublier : on a été tellement contents de son boulot sur Necroporno que nous lui avons commandé deux couvertures supplémentaires pour cette nouvelle vague. Alors que notre toute gracieuse Vitta réalisera celle de son roman, Willy s’occupera des illustrations de Silence rouge et de Night stalker. Agaçant, je vous disais…

Le cas de Zaroff est différent. A notre connaissance, lui ne dessine pas. Mais il écrit. Beaucoup et très bien. Tel un frénétique, le loustic a tapissé les couloirs de l’excellent forum L’Ecritoire des Ombres, qu’il administre en compagnie de son ami Henri « Paladin » Bé, lui-même nouvelliste de talent, de dizaines de textes oscillant entre le Polar hardboiled, l’Epouvante et le Gore pur. Un certain nombre de ces récits a été publié en numérique, dont le remarquable Le cimetière des oubliés, l’angoissant Kainsmal, et l’épatant recueil de nouvelles Zomb’s short (dont nous avons déjà parlé), signé Guy Kermen. Sous ce même pseudonyme, Zaroff a aussi livré deux textes dans la prestigieuse anthologie Ténèbres, cuvée 2013. Féru de littérature populaire, dévoreur de livres, chroniqueur incisif et grand amateur de la collection GORE, il est passé avec Night stalker au format long avec une aisance déconcertante. Comme si son style à la fois brutal et fluide n’attendait que cette occasion pour donner sa pleine mesure. Le tout dans le cadre d’un roman sec comme un coup de trique, qui devrait ravir les amateurs de Nécrorian…

Voilà, vous savez tout, ou presque. Comme vous pourrez le déduire de ces quelques lignes, vous aurez droit avec cette deuxième vague à trois romans aussi dissemblables que les trois premiers. C’est parfaitement volontaire, parce que ce serait quand même un comble, pour une collection comme la nôtre, de ne pas être capable de proposer du sang neuf… Bon, j’avoue, ces trois romans ont quand même, outre le label TRASH, un autre point commun : ils sont remarquablement bien écrits. Et si vous ne me croyez pas, vous n’aurez qu’à les acheter début novembre. Non mais.

mardi 3 septembre 2013

TRASH passé au scalpel

David Didelot, fondateur de l’excellent fanzine Vidéotopsie et grand expert de la collection GORE, nous a fait l’honneur et l’amitié d’examiner nos trois premières productions. Voici donc ses trois chroniques, en version uncut, extended et director’s cut.

Pour ouvrir le bal TRASH, Robert Darvel nous envoie donc son "Nécroporno" dans le bide : un titre qui sonne comme un viatique, un mot d’ordre pour cette nouvelle collection, écho au "Blood-Sex" de Nécrorian (lequel est d’ailleurs nommément cité dans le récit !). "Nécroporno", c’est une « apocalypse nécrophage et pornographique » comme l’indique le sous-titre, sans temps mort ni respirations possibles, démarrant sur les chapeaux de roue… et toujours affreusement dégueulasse ! Après une vague explication scientifico-historique, des nuées de mouches nécrophages se mettent à infester les chairs des malheureux habitants d’Eternod, petite bourgade tranquille. Des mouches et des larves qui liquéfient littéralement le pauvre hère passant par là, et déclenchent une espèce de frénésie sanglante et sexuelle généralisée ! On pense parfois au "Frissons" de David Cronenberg ou au "Miasmes de Mort" de Gilles Santini, mais tout cela cuisiné à la sauce la plus hardgore et la plus hardcore : plaies grouillantes et suppurantes décrites par le menu, corps pourrissants infestés de mouches, viols en tous genre (dont l’un contre-nature via une côte préalablement arrachée !), séquence saphique bien atroce (dans une poissonnerie !)… Bref, ça suinte de sang, de pus, de larves et de sperme, en des pages à l’écriture carrée, sèche et sans fioriture. Et pour honorer encore l’esprit "Collection Gore", Darvel multiplie les personnages bien branques (le vieux pédophile héroïque), les situations frappadingues (le carnage au tank Sherman dans l’Aqualand du coin !) et les intermèdes ironiques (une discussion entre ados décérébrés… qui fait encore plus peur que le nuage de mouches !). Entre les galipettes gentiment salaces de nos deux héros (bien gratuites, comme dans "Gore"…) et les scènes d’apocalypse vomitives dans Eternod, Nécroporno se veut un peu le "Blood-Sex" de nos années. Pari totalement réussi pour Robert Darvel : son roman vaut tous les films de contaminés possibles, mais reste complètement inadaptable au cinéma… sans de sérieuses coupes franches !

Après le gore nécrophagique, le gore bubonique : je veux bien sûr parler du "Pestilence" de Degüellus, opus deux de la série. Ne tournons pas autour du pot (à glaires) : Pestilence est LE (premier) chef-d’œuvre des Editions Trash ! Un roman absolument monstrueux, délicieusement gerbant, et superbement écrit de surcroît : l’auteur réinvente là l’aventure médiévale (voire le roman historique), mais repeinte en rouge… et en jaune (oui, le pus !). Espèce de "Nom de la Rose" version trashy, Pestilence nous transporte dans un Moyen Age sombre, boueux, froid, mortifère, violent, sauvage, bestial, fanatique ("La Chair et le Sang" ?), plein d’inquisiteurs barjos, de bûchers rougeoyants, de moines dé-ments, de prêtres obsédés, de seigneurs queutards et de nains rigolards… Mais surtout, au centre du récit, cet incroyable Tancrède Barbet, médecin rationaliste qui tente d’enrayer cette « malmort » particulièrement virulente ravageant la contrée : accrochez-vous bonnes gens, car le gore se fait ici purulent, pustu-leux, scrofuleux et… pestilentiel ; en un mot, c’est incroyablement écœurant, vomitif à souhait, presque douloureux… Chrétien de Troyes doit se retourner sous son gisant ! Mais pas Edgar Poe, car ce château qu’il faut absolument protéger de la peste évoque évidemment l’intrigue du "Masque de la Mort rouge"… De même, le nain Horatio n’est pas sans rappeler "Hop-Frog"… Dégueulasse oui, mais radicalement pittoresque (avec lexique de l’époque !), quasiment poétique en certaines pages (les paysages), incroyablement rythmé (impossible de lâcher le bouquin une fois ouvert) et fort d’une conclusion totalement délirante : "Pestilence" est un vrai plaisir de lecture, roman plein de personnages mémorables (le médecin Barbet, le nain Horatio, le Père Turbot, le Seigneur Enguerrand de La Grabeuille…), joyeusement anticlérical, bandulatoire à ses heures, et sublimement gore ! Et si "Pestilence" était déjà un classique du genre ? Laissons-lui maintenant vivre sa vie, mais je parie une saignée que ce livre fera date !

Troisième et dernière tranche de cette première livraison Trash, "Bloodfist" pourrait bien déstabiliser l’amateur de barbaque prédécoupée… Le bien nommé Schweinhund n’avait pas non plus pour objectif de servir un roman gore classique et premier degré : « Trash est un laboratoire, un terrain de jeux, où j’essaie de proposer plusieurs niveaux de lecture, en faisant mal à la langue. ». Nous voilà prévenus… A mi-chemin, donc, entre le roman d’horreur populaire – tendance Collection Gore – et le récit plus expérimental (plus « arty » si l’on veut être désagréable…), "Bloodfist" emprunte surtout à l’ambiance glauquissime et à la narration tortueuse des œuvres extrêmes d’un Peter Sotos. Véritable descente dans les enfers d’une psyché détraquée – dont l’acuité met en lumière la crasse, l’ordure et la bêtise du monde qui l’entoure – "Bloodfist" raconte l’errance psychotique et fantasmatique d’un esprit déglingo, celui de son narrateur adolescent, tueur en série qui s’affronte à une espèce de secte SM et à son mystérieux gourou, « l’homme aux pigeons »… Entre les rêveries mortifères, les étranges rencontres (celle de la mystérieuse L…, créature « corsélienne » dans l’âme !) et les délires sanguinaires de notre « héros », peu de respirations, peu de prises offertes au lecteur qui voudrait se raccrocher aux canons classiques d’un récit plus linéaire… Non, l’intérêt de "Bloodfist" n’est pas dans son « histoire » ou ses rebondissements, non moins que dans ses passages vraiment gore (encore que l’on frissonne quand même à ce fistfucking très « blood » !). Schweinhund préfère plonger dans l’esprit trouble de son narrateur, avatar punk d’un John Doe ("Seven") ou d’un Rorschach ("Watchmen") lorsqu’il conchie « cet humanisme correctement gluant et contre-nature imposé par les dictatures sociales-démocrates occidentales de la fin du vingtième siècle. » (p. 72). Là, pour le coup, on n’est pas loin d’être d’accord avec notre serial killer ! Véritable feu d’artifice stylistique (parfois un peu « self conscious »…), "Bloodfist" bouscule son lecteur, le bringuebale d’un oxymore à une antithèse, d’un paradoxe à une homonymie, d’une métaphore à une paronomase, explorant constamment le double-fond des mots, leurs signifiés cachés… Schweinhund voulait faire mal à la langue, il lui fait du bien ! Hypnotique et dérangeant, "Bloodfist" est un roman assez rare et original pour mériter plusieurs lectures… Une expérience littéraire unique !

Un grand merci à l’auteur de ces lignes pour ces avis enthousiastes et brillamment argumentés. 
(Et on va essayer de calmer la joie du Schweinhund, que la triple comparaison avec Corsélien - Rorschach - Sotos a mis dans un état indescriptible - déjà que...)

lundi 26 août 2013

Comme une envie de teaser

Bon. Cette fois, on y est presque. La deuxième vague TRASH va bientôt venir se fracasser sur les rescapés de la première, pour mieux napper de son écume sanglante vos peaux brunies par le soleil. Comme nous ne sommes pas si méchants que nous en avons l’air (enfin, si, mais là n’est finalement pas la question), nous vous avons laissé un peu de temps pour vous remettre.

Et pendant que certains d’entre vous profitaient de leurs vacances pour lire nos saloperies, non sans nous envoyer de jolies photos en témoignant, nous vous avons mitonné trois nouveaux romans qui n’ont absolument aucun rapport avec les trois premiers. Si ce n’est, bien entendu, l’infâmant label TRASH dont ils seront marqués dans cette vie et toutes les suivantes s’il y en a, ce dont nous doutons fort.

Trois nouveaux livres pour trois approches on ne peut plus variées. Trois intrigues se déroulant dans autant de pays différents, trois époques distinctes bien que contemporaines, trois générations d’auteurs, trois façons de mettre le doigt dans le c… là où ça fait mal et d’appuyer dessus encore et en-gore. Ah, si, j’allais oublier. Il y a quand même deux points communs entre ces trois livres. Ils sont remarquablement écrits. Et la musique y occupe une fonction importante. Même si ce n’est pas celle d’adoucir les mœurs.

Histoire de vous mettre en appétit, voici une petite partie du casting figurant au générique de cette deuxième fournée : une scie circulaire, une machette magique, un .44 Magnum, des fanatiques du silence, des sorciers mutants, des flics obsédés sexuels, une jeune femme avide de vengeance, un branleur à tête de cul, un célèbre auteur GORE, un taré vêtu d’une cape atroce, un chef de gang dont l’œil unique contient un embryon, une actrice porno californienne des années 80…

J’en passe et des meilleures, laissant volontairement certains personnages-clés dans l’ombre pour l’instant. Les cinéphiles parmi vous connaissent la différence entre un teaser et une bande-annonce, et le premier se doit d’être frustrant. Et puis, ce billet n’a pour vocation que de lancer officiellement le compte à rebours. Les titres des trois romans, ainsi que les noms de leurs auteurs, seront dévoilés au rythme d’un par semaine à partir du mercredi 4 septembre. Soyez tous là, sinon, pour renouer avec une déjà ancienne tradition Trasheuse, nous sacrifierons une poule. Ou alors nous vous enverrons le Schweinhund.

samedi 10 août 2013

GORE: Inquisition - la chronique par le collectif TRASH

Vous en voulez encore, coquinoux ?

Le Collectif TRASH, incorrigible, toujours aussi fan d’abjections glaireuses, vient vous présenter un nouvel opus à déguster, sur vos toilettes, au travail, dans le bus, au lit, bref, où vous voulez (oui, même là).
On reconnaît un véritable fan de tripailles au fait qu’il n’est jamais rassasié !

Voici donc la chronique d'Inquisition, de Nécrorian, telle qu'elle a été publiée dans le fanzine La Tête en l'Ere, qu'on vous encourage à lire d'ailleurs. Notamment parce que nos trois opus TRASH sont chroniqués par Jean Luc Boutel dans le tout dernier numéro !
C'est par ici:


INQUISITION, donc :



Gore n°63, édité en 1988.

Ça raconte quoi ?

1986, New York City, le lecteur suit le périple de deux vétérans du Vietnam, complètement frapadingues, qui se croient investis par un Torquemada d’outre-tombe de la tâche de purifier la ville de ses hérétiques et autres sodomites. Ils massacrent ces pêcheurs dans une cave transformée pour l’occasion en tribunal ecclésiastique. 

Pourquoi lire ce Gore ?

La descente aux enfers des deux malades, avalés par leur frénésie criminelle se suit d’une traite, dans cette métropole froide et anonyme. Leur odyssée criminelle trouve sa conclusion dans une scène de massacre anthologique, qui vaut son pesant de merguez bien cuites.

Et les jauges ?

Ces jauges ne sont en aucun cas une note de « réussite », c’est juste notre manière affectueuse d’évaluer à quel point les dégradés de rouge deviennent ici des rouges dégradants.

GORE et tripailles : 9/10, ça flambe, ça grésille, ça s’arrache des morceaux à la pince…
VIOLENCE et scènes choc : 8/10
SEXE et heu… cul : 8/10. Que 8 ? Oui, c’est un Nécrorian peut-être un peu plus « soft » de ce côté-là.

Alors, ça vaut le coup ?

N’hésite pas, Nicolas (même si tu t’appelles Denis, Albert ou Marguerite). C’est une lecture qui pourra compléter agréablement le visionnage de Maniac (l'original, bien sûr, sinon Schweinhund va me bouffer, mais aussi pourquoi pas le remake pour les plus curieux d'entre vous).





lundi 15 juillet 2013

Les Trash du comte Zaroff

Zaroff aime TRASH, et TRASH aime la réciprocité. Enjoy :

BLOODFIST est un bouquin étrange aux cercles multiples. Il m'est extrêmement difficile de résumer une telle construction dans le gore. C'est une oeuvre anatomo-psychanalytique dont vous suivrez le personnage central par le biais de ses pensées et actes. Les confrontations avec l'homme rasé amènent un côté rationnel qui tranche avec le romanesque malsain et imagé du tueur. L'illusion se mêle au fantasmagorique cruel. Le lecteur est désorienté par les pistes multiples et les scènes horribles et explicites. Comment illustrer l'intrigue ? Imaginez un miroir sans tain qui reflète la folie meurtrière. Vous vous trouverez derrière la glace et contemplerez le Mal, démuni et désarmé.

Ce bouquin est également une gigantesque allégorie théâtrale. Les personnages sont anonymes, esquissés par des hallucinations. Tout semble factice et pourtant vrai. Les frontières de la raison sont floues. Je vous préviens de suite que la lecture ne sera pas aisée ni mâchée aux lecteurs. Une bonne nuit de sommeil sera nécessaire entre les chapitres. Vous devrez vous oxygéner le cerveau entre les paragraphes. C'est un Gore intelligent et précurseur d'un genre névrotique. Assurément, il mérite une relecture pour jouir pleinement des facettes de ce diamant maudit.

J'ai toujours été fan des récits médiévaux de Brussolo et j'estime que Deguellus a fait mieux. J'ai tellement aimé ce bouquin se passant au 14ème siècle que je l'ai dévoré en une seule journée. Imaginez un village reculé (Saint Ragondard) planté au milieu de marécages. La pestilence décime les habitants et on brûle des Juifs car on pense, à l'époque, que ce sont eux les responsables de la Peste. Mais ce fléau est différent et les victimes meurent dans d'atroces souffrances. Un médecin, radié de l'Ordre, arrive au village et tente de résoudre ce mystère. Les personnages sont multiples et possèdent une personnalité propre. Nous sommes littéralement plongés dans une ambiance superbement rendue, les décors sont en place et l'intrigue est parfaite.

Mais là ou l'auteur réalise une véritable prouesse, c'est la précision des dialogues. Le vocabulaire utilisé illustre les faits et gestes de tous les protagonistes. Certaines scènes sont brillantes, je pense au châtiment du fouet par le nain Horatio ou encore à l'intrusion du médecin dans cet étrange monastère. Vous y trouverez aussi la Sainte Inquisition, des moines maléfiques, un complot, des scènes de cul, des actes de barbarie... j'ai été captivé comme jamais. J'ai pour habitude de noter sévèrement ce que je lis mais je dois admettre que ce roman mérite un beau 20/20. Il est tout simplement parfait.

Que dire de Necroporno ? C'est du Darvel pur jus. Un brio incomparable dans le ton et l'atmosphère. Un grand Jardin des Délices contemporain avec sa Nef des Fous. Eternod, ville maudite ayant connu une épidémie de choléra. Des décennies plus tard, les habitants se trouvent confrontés à des mouches nécrophages dont le processus est inversé. Les mutilations se mêlent aux pulsions sexuelles. C'est un formidable élan putride et sacrificiel. Il ne faut surtout pas manquer l'équipée sauvage d'un tank dans les décombres de la ville, les massacres dans une chambre froide ou encore les réflexions philosophiques sur la taille du sexe du maître nageur tandis que la piscine municipale grouille de cadavres se bouffant de l'intérieur.

TRASH a réussi son pari en nous proposant trois premiers romans d'une intensité remarquable et très variée. Les styles des auteurs parviennent (enfin) à rendre le gore intelligent et littéraire. Ce n'était pas chose aisée mais le défi est relevé. Il me tarde de découvrir les prochains volumes. À cela s'ajoutent des couvertures de grande qualité et révélatrices des thèmes proposés. Et pour la modique somme de 6 euros l'exemplaire, il faut reconnaître que TRASH ÉDITIONS méritent d'être canonisées.

Si c’est possible, on aimerait autant attendre un peu, pour la canonisation. C’est destiné aux morts, ce genre de pratique, or nous, nous sommes encore bien vivants, et guère disposés à voir la gueule noire de la bête se pointer vers nous afin de mieux nous éparpiller façon puzzle. Dans l’immédiat, une chose est cependant indéniable : certaines chroniques valorisent tellement nos livres qu’il nous semble juste de les mettre en évidence. Ceci n’est donc qu’un retour amplement mérité à l’envoyeur, avec nos plus sincères remerciements.

mardi 2 juillet 2013

Le Bloody Weekend: la passion selon Loïc Bugnon

Rendez-vous annuel incontournable pour tout amateur d’Horreur et de Fantastique qui se respecte, le festival du Bloody Weekend doit son existence à l’abnégation d’un homme. Cet homme s’appelle Loïc Bugnon, et il a réussi en l’espace de quatre ans à fédérer autour de lui une équipe de passionnés totalement dévoués à la reconnaissance des genres qui nous sont chers. Cinéma, Littérature, Fanzines, Bande Dessinée, Arts Graphiques, Musique, Maquillage, Figurines et produits dérivés en tout genre, Cosplay, tous les supports de l’Epouvante sont harmonieusement représentés à Audincourt chaque année le temps d’un week-end, le tout dans une ambiance conviviale et chaleureuse.

Des exposants par dizaines, des stands proposant assez de DVD, livres, revues et bijoux pour se fâcher tout rouge avec son banquier, des projections de films, une compétition de courts-métrages, des conférences, des interviews et des concerts, bref une manifestation haut de gamme. Sans compter que parmi les invités d’honneur figuraient cette année l’écrivain Jean-Pierre Andrevon (qui signa trois romans pour Angoisse sous le pseudonyme d’Alphonse Brutsche, avant de sévir à deux reprises au sein de la collection Gore), le réalisateur Luigi Cozzi (Starcrash, Contamination, Le Chat Noir), et la magnifique Caroline Munro (Maniac, L’Espion qui m’aimait, Starcrash) !

Autant dire que le collectif Trash ne pouvait rêver meilleur environnement pour sa deuxième apparition publique. Et le moins que l’on puisse dire est que le résultat s’est révélé à la hauteur de nos attentes. Positionné juste en face de l’entrée principale aux côtés de nos amis du Carnoplaste, notre stand bénéficiait d’une exposition idéale. Une situation de premier choix, grâce à laquelle nous avons eu le plaisir de constater curiosité, intérêt et commentaires positifs de la part de festivaliers enthousiastes. Chaque ouvrage vendu fut ainsi ponctué d’une dédicace, mais aussi orné des symboles de Trash, car nous avions fait réaliser pour l’occasion des tampons « Logo » et « Tête de mort » du plus bel effet.

Mais un tel festival, c'est aussi et surtout de belles rencontres. Le collectif Trash tient donc à remercier tout spécialement les chaleureux et passionnés Thierry et Kévin d'Artus Films, Maniak et Corvis des Artistes Fous Associés (vraiment fous ET vraiment sympas), David de l'excellent fanzine Vidéotopsie, Henry Jordan/DeshumanisArt, dont le travail graphique nous a vivement impressionnés (nous en reparlerons), Jérôme et Julien, qui représentaient le pôle ActuSF/Les Moutons Electriques, la charmante Poulpy qui nous a fait l'honneur d'une interview, sans oublier bien sûr monsieur Jean-Pierre Andrevon, que son statut (sa stature ?) n'empêche nullement de se montrer amical et accessible.

Enfin, et surtout, un grand merci à Loïc Bugnon, à Aurélie, et à leur extraordinaire équipe de bénévoles d'avoir rendu tout cela possible. L'organisation d'un tel évènement implique une logistique très lourde et une organisation sans faille, mais le résultat en vaut vraiment la peine. Le collectif Trash a passé un excellent (bloody) week-end. Il paraît d'ailleurs que le festival s'améliore à chaque édition. Nous serons heureux de venir vérifier cette assertion l'année prochaine.



Quelques images sur le forum d’ActuSF : Les photos

Et sur la page Facebook des Artistes Fous Associés : Les Artistes Fous au Bloody Week-end !

 



lundi 10 juin 2013

Frères de sang

Comme certains d’entre vous le savent, la troisième convention de SFFF organisée par  l’association ImaJn’ère s’est tenue ce week-end à Angers. Cet événement avait pour le collectif Trash une importance toute particulière. L’ensemble de notre équipe avait été conviée, et c’était pour nous la première occasion de pouvoir présenter nos livres au public, mais aussi à certains invités pas tout à fait comme les autres. Grâce à d’obscures tractations, nous avions en effet réussi à réunir pour la circonstance trois auteurs sans lesquels notre collection n’aurait sans doute jamais vu le jour…

Necrorian. Christian Vilà. Brice Tarvel. Neuf romans Gore à eux trois. Blood-sex. La mort noire. La chair sous les ongles. Des styles différents, mais une même volonté de braver les interdits, de raconter sans fausse pudeur des histoires qui prennent aux tripes, dans tous les sens du terme… Autant de références avouées et revendiquées par les membres de notre fine équipe. Autant de témoignages d’une époque où la littérature populaire poussait sans vergogne les mauvais genres dans leurs ultimes retranchements. Autant de raisons pour nous de vouloir recréer cet espace d’absolue liberté qui avait disparu depuis trop longtemps.

C’est donc avec une impatience mêlée d’une certaine appréhension que nous attendions le moment où ces trois écrivains allaient découvrir ce que nous avions fait de leur héritage. Et le moins que l’on puisse dire est que nous n’avons pas été déçus de leur verdict ! Tous trois ont considéré notre démarche avec bienveillance et enthousiasme, et le lien ainsi créé nous a permis par la suite d’engager de passionnantes conversations. Après un échange de dédicaces où nous avons eu le plaisir d’offrir à nos mentors les trois premiers livres de notre collection, une cession de photos de groupe a été organisée pour immortaliser l’instant.

De gauche à droite en haut: Christian Vilà, Nécrorian, Brice Tarvel.
En bas: Arro, Schweinhund, Willy Favre, Julien Heylbroeck et Robert Darvel.
Vitta Van Der Vuulv s'est faite porter pâle.

Cerise sur ce gâteau sanglant, les invités se sont retrouvés samedi soir après la fermeture des portes autour d’un copieux repas. « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, prenez et mangez et buvez-en tous ! » Inutile de dire que la grande tablée Gore-Trash naturellement constituée ne s’est pas fait prier. J’ai personnellement eu l’honneur de siéger en face de Monsieur et Madame Nécrorian, et puis affirmer dès à présent que je n’oublierai jamais ces précieux moments. Accessible, chaleureux, sincère et généreux sont les mots qui me viennent à l’esprit pour décrire ce couple hors du commun. Et ces adjectifs qualifient également Monsieur et Madame Tarvel, dont nous connaissions déjà l’exquise gentillesse, et le très sympathique Christian Vilà, dont nous avons eu la chance de recueillir une interview un peu plus tard.

Messieurs Nécrorian, Vilà et Tarvel, merci de nous avoir offert en ce week-end privilégié votre amical « parrainage ». Merci pour votre humour, votre simplicité et votre disponibilité. Merci aussi, non seulement d’assumer avec gourmandise votre période Gore mais, mieux encore, de nous avoir dit tout le plaisir que vous avez éprouvé en écrivant ces livres. Merci enfin de ne jamais nous avoir fait sentir la différence entre nous et vous, même si quelques centaines de romans nous séparent.


Il semble d’ailleurs que ces trois « grands anciens » n’aient pas été seuls à être sensibles à la collection Trash, si j’en juge par les réactions recueillies – et les livres vendus - durant le week-end. Philippe Ward, Patrick Eris, Thomas Geha, Laurent Whale, Jean-Luc Boutel et Jérôme Verschueren sont tous repartis avec nos trois romans dans leur valise. Le collectif Trash saura se souvenir de ces témoignages de soutien. Un gouffre de vingt-cinq ans existait entre Gore et Trash. L’un de nos buts était de construire un pont entre le passé et le présent pour mieux se projeter vers l’avenir. Il est trop tôt pour dire si nous avons réussi, mais une chose est d’ores et déjà certaine : depuis ce week-end, la possibilité existe. 

Et rien que pour cela, nous sommes heureux de nous être lancés dans cette aventure.

vendredi 31 mai 2013

ILS sont arrivés.

 Ils sont là, ils sont frais (euh, ça, c'est pas sûr !).

En avant-première durant le salon ImaJn'ère du 06 au 09 juin, à Angers. Puis en vente sur Internet dès le lundi 10.

Voici deux clichés pris vite fait pour immortaliser la réception de nos toutes premières publications. C'est émouvant. Mais on n'a même pas pleuré. Faut pas déconner.

vendredi 24 mai 2013

Ouverture prochaine !


Vitta est prête à ouvrir la boutique. Nos romans seront en vente en exclusivité au salon imaJn'ère, du 7 au 9 juin, à Angers. Ensuite, la boutique en ligne ouvrira le lundi 10 juin.

En attendant, découvrez le site TRASH en suivant ce lien !

dimanche 12 mai 2013

Nouvelle chair ?


L'un des administrateurs du forum L’Écritoire des Ombres a eu l’excellente idée de me soumettre à la question à partir d’extraits d’une interview de Nécrorian parue dans Autopsie d'une collection, le bel effet GORE, chez Fleuve Noir. Morceaux choisis :

« D'abord, pour que ça accroche, pour que ça tape, il ne faut pas que ça fasse peur. Le gore n'est pas fait pour ça. Il y a l'épouvante, le fantastique, le S.F parfois. Le gore fait gerber. Il écœure, il dérange. Il obsède. [...] Je pense qu'il faut que le récit soit court, et qu’il soit haché. Ce qui me fascine dans le gore, c'est que les hommes sont capables des pires paroxysmes. C'est pour ça que je ne fais pas intervenir de monstres ou de créatures abominables venues d'ailleurs, parce qu'alors, ce n'est plus du gore, mais ça vire au fantastique, et moi, dans ce cas-là, je n’y crois plus. »

« Le gore est un genre à lui seul et je pense qu'il ne doit pas être constitué uniquement de trucs d'horreur. Il faudrait que ça devienne une manière nouvelle d'écrire des histoires. C'est pour ça que pour moi, le label Gore veut dire : pas de censure, chacun traite le sujet qu'il veut comme il veut, mais pas forcément avec des scènes de viol, d'étripement ou d'amputation. On pourrait très bien imaginer des gores où il n'y a pas tout ça. Parce que je crois que si ça n'évolue pas, comme on ne peut pas aller tellement plus loin, ça va s'affadir et donc, à plus ou moins court terme, perdre des lecteurs. »

Question :
La dernière phrase de Nécrorian est terrible mais pertinente : le Gore est-il mort ? Ce genre a ses faiblesses, ses redondances et ses défauts. Comment le renouveler en 2013 ?

Réponse :
Nécrorian est un maître, et je ne peux que souscrire, du moins globalement, à ses propos. Je serai néanmoins un peu plus nuancé en ce qui concerne certaines de ses catégorisations. Pour moi, le Gore est à l’épouvante ce que la pornographie est à l’érotisme. Une version paroxystique certes, mais l’un n’exclut pas nécessairement l’autre. Personnellement, je tends d'ailleurs vers une formule graduelle qui me permet de mêler les deux. L'important est de ne jamais perdre de vue que tous les moyens sont bons pour pénétrer l'intimité du lecteur et l'amener à une expérience si extrême qu’il ne pourra pas l’oublier.

Nécrorian a dit par ailleurs : « l’éventration pour l’éventration, ça ne sert à rien ». Je suis d'accord si cette phrase signifie qu’il est impossible de se passer d’un scénario. Je le suis moins quand son auteur prétend qu'"on ne peut pas aller tellement plus loin". Nuit Noire, de Christophe Siébert, apportait déjà à lui seul le plus cinglant des démentis à de telles assertions. Alors non, je ne crois pas que le Gore soit mort avec la collection éponyme, même si en effet le genre s'est peu à peu affadi en étant récupéré par la littérature fantastique classique.

Néanmoins, je rejoins complètement Nécrorian quand il dit que les genres sont poreux. Ah, vous avez voulu vous accaparer notre jouet ? Qu'à cela ne tienne, nous dénaturerons les vôtres ! Pour survivre, le Gore doit accepter d'aller fouiller dans les poubelles pour retrouver son identité perdue. Ni Dieu ni maître, ni censure ni concession, et les choses redeviendront claires. Il existe une scène Gore cinématographique underground et totalement irrécupérable, à nous de recréer son équivalent littéraire avec du sang neuf, et "longue vie à la nouvelle chair" !

Et je relance d'un en évoquant un autre point qui me semble crucial: le style. Car si la collection Gore fit beaucoup pour la popularisation du genre, l'aspect "cadence-production" et le rythme de parution effréné contribuèrent dans le même temps à son appauvrissement. Peut-être qu’en effet le Gore a fini par devenir un peu prisonnier de sa propre surenchère. Il est possible que tout y ait déjà été tenté. Sauf que tenter n’est pas réussir.

Il y a l'art et la manière, le lard et le cochon: ce qu'il faut c'est deux ou trois idées fortes, un scénar musclé sec, un style frénétique, obsessionnel, et la volonté de mettre les mains dedans quand il faut. Le désir de briser les tabous est vieux comme le monde, celui de transformer la boue en or aussi. Dans l’Antiquité, les oracles lisaient l’avenir dans les entrailles. Depuis la nuit des temps, le sang coule du ventre des femmes chaque mois. Le Gore a connu ses propres cycles menstruels. Comme tous les genres populaires, il se régénèrera.

mardi 23 avril 2013

Sado-masochisme


Le collectif TRASH aime la soumission. Mais pas celle que vous croyez... (Enfin, si, cependant là n’est pas l’objet de ce billet). En ce qui concerne la soumission de romans, sachez que notre programme est complet jusqu'à juin 2015. Par conséquent, nous ne sommes pas, à l'heure actuelle, en demande de tapuscrits. Nous espérons, par la suite, nous montrer plus accueillants. Mais de telles dispositions ne sont pas d'actualité. Nous ne sommes donc pas "ouverts" aux soumissions, à proprement parler. Nous ne garantissons pas la lecture ni une réponse aux textes envoyés.  D’autre part, nous ne procèderons à aucune réexpédition à l'envoyeur en cas d'envoi de manuscrit papier.

Malgré ces précisions, il s'en trouvera toujours pour envoyer quand même de la bidoche sur pages. C'est pourquoi nous apportons les précisions suivantes:
- Un roman TRASH fait entre 160.000 et 190.000 signes, espaces compris.
- Il ne suffit pas qu'il y ait des scènes gore ou malsaines dans votre roman, il faut que celui-ci soit, dans son ensemble, gore/malsain/provocateur/outrancier/dégueulasse...

- Par ailleurs, il ne suffit pas, pour écrire un roman Trash, de déverser le contenu d’une poubelle sur papier. Ne seront examinés que les textes respectant les règles élémentaires en matière d’orthographe, grammaire, syntaxe et conjugaison.
(En gros, c'est pas parce qu'on fait du Trash qu'il faut que notre prose pue des pieds).  
L'adresse à laquelle envoyer vos productions est trasheditions@gmail.com.

Nous vous conseillons bien évidemment d'attendre nos premières sorties en juin pour découvrir le style maison avant d'envoyer vos travaux. En outre, même si ce n’est pas indispensable, une solide connaissance de la collection Gore est un « plus » non négligeable. Si vous êtes - très - patient et prêt à toucher une rémunération - totalement - ridicule, vous disposez à présent de toutes les informations nécessaires. Mais n'oubliez pas que TRASH n'est pas en demande effective de romans.